de l'image à la lettre
pour illustrer l’évolution des premiers pictogrammes vers les
lettres
aleph…..alpha…..A
Le hiéroglyphe
égyptien
représentant un bœuf (ou un
taureau), est utilisé comme « déterminatif » pour désigner le bétail (grande importance dans un monde rural). Les hommes dessinent alors l’animal dans sa totalité, sur
pieds.
Puis, chez les Phéniciens, le pictogramme se simplifie
(seulement la tête est représentée). C’est l’aleph .
En même temps, le sens se modifie, s’élargit, et ce pictogramme devient idéogramme. Il représente la force,
l’énergie, la vigueur.
Puis le signe se simplifie et devient
puis
Les Grecs s’approprient le modèle phénicien, en pivotent encore le signe :
C’est l’alpha grec qui devient notre A latin.
beth…..bêta…..B
Le signe
, deuxième lettre (baytou) de l’alphabet protosinaïtique, représente le plan au sol d’une
maison.
Les phéniciens le nomment beth
(qui est l’initiale du mot hébreu bayit signifiant « maison »).
Les Grecs modifient le signe
en le fermant à la base.
Le passage du bêta grec à notre B latin
......B
s’explique par le changement d’orientation d’écriture et de lecture, de la gauche vers la droite (voir article précédent),
adopté par les Grecs au VI° siècle avant J.C.

Il arrivait même que le sens de l’écriture ne soit pas le même que celui de la lecture. L’écriture ouïgoure (« Oghuz nâme » Asie centrale, XV° siècle) pouvait être réalisée de haut
en bas, puis en tournant la feuille d’un quart de tour, lue de droite à gauche.
Une autre vision,
plus moderne, plus poétique, du changement de direction de la ligne d’écriture est le calligramme. Ce terme a été « inventé » par Guillaume Apollinaire en 1918, pour désigner ses
poèmes, donnant un aspect visuel figuratif en prenant des formes diverses (fontaine, cravate, montre…).